Atelier
ACELEM et Arts et développement
Marseille, 2020
Un atelier d’arts visuels autour de la transformation du réel à travers une histoire fantastique imaginée avec les enfants, le quartier des Rosiers devient le décor d’un monde parallèle. En filigrane, le récit aborde la question de la préciosité de l’eau de manière poétique et allégorique, à travers des personnages qui cherchent désespérément la pluie qui se cache. Photographie, dessin, peinture et collage sont expérimentés puis mis en scène et photographiés in situ afin de réaliser un petit film en stop motion.
Depuis le début du mois d’août des yeux sont partout aux Rosiers.
Ils regardent partout, tout le temps.
Que cherchent-ils ?
Ils ont perdu ce qu’ils aiment le plus regarder au monde : la pluie.
Les yeux ont besoin de pluie pour grandir.
Et ils veulent grandir pour mieux manger la pluie.
Les yeux craignent le soleil.
Sans pluie les yeux ne brillent plus et lancent des éclairs.
Si ces éclairs venaient à toucher les plantes elles deviendraient immenses.
Des pieds gigantesques pousseraient à la place de leurs racines
et elles risqueraient d’écraser la ville.
Les petits humains eux, ils ont besoin des yeux pour contempler le monde.
Alors ils les aident à chercher la pluie.
Et les fleurs aussi les aident à chercher,
car sans yeux plus personne ne pourrait continuer à les admirer.
Les gouttes de pluies sont magiques,
elles sont composées de larmes.
C’est pour ça que les yeux les adorent,
ce sont des larmes de joie qui tombent d’en haut.
Des larmes de joie qui coulent pour les petits plaisirs de la vie.
En perdant la pluie ils ont donc perdu la joie.
C’est pour ça que les yeux sont tristes.
Les éclairs c’est la colère.
Les petits humains eux cherchent plein de petits arrosoirs,
pour remplacer la pluie et arroser les fleurs et les yeux.
Les petits humains des Rosiers aiment s’amuser.
C’est pourquoi ils chantent, et dansent pour aider les yeux à appeler la pluie :
« où t’es pluie ? où t’es ?? où t’es la pluie où t’es ?
Les yeux regardent fixement le ciel pour faire tomber la pluie et quand la pluie ne vient pas,
ils essaient de dormir le plus longtemps possible pour ne pas lancer d’éclairs,
afin protéger les fleurs et les humains.
Car les yeux sont gentils.




















